Ukraine, un basculement du monde, Livre de François Martin

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Une fois écartée l’explication manichéenne d’un conflit lu comme l’agression de « gentils Ukrainiens » par de « méchants Russes » en mal de territoire, plusieurs lectures de cette guerre sont possibles : historique et géopolitique d’abord, puis militaire, diplomatique, médiatique, économique, enfin culturelle et religieuse. Tous ces affrontements s’entremêlent, et interagissent les uns avec les autres selon des logiques et des temps différents. Pour comprendre la guerre d’Ukraine, il est nécessaire de les analyser tous, faute de quoi on ne peut faire que des contresens.

Mais le plus important est ailleurs : ce conflit se produit au moment où s’opère, en même temps, une métamorphose du monde, et il l’accélère puissamment. C’est de la fin de l’hégémonie occidentale, et de l’avènement d’un ordre beaucoup plus international, multipolaire, qu’il s’agit. Quelles sont ses chances d’aboutir ? Quel rôle y joueront, demain, les grands pays de la planète, USA, Chine et Inde en tête ? Et la Russie ? Et les « jeunes fauves » pleins d’ambition, les autres pays asiatiques, les monarchies arabiques, l’Amérique du Sud, l’Afrique ? Que deviendra la pauvre Ukraine ? Et la faible Europe ? Et la France ? Quelque chose de totalement nouveau se prépare. C’est cela, surtout, que nous devons tenter d’anticiper.

La corruption, une explication essentielle de la guerre

Mais là où, véritablement, l’affaire se corse, c’est lorsque l’on étudie la façon dont cette gigantesque manne est distribuée, au regard des « pratiques » ukrainiennes… et occidentales !

La corruption en Ukraine

Un excellent article[1] du journaliste Antoine Colonna nous donne un premier aperçu du contexte ukrainien antérieur à cette guerre. Il explique qu’à la fin de l’URSS, près de 30 % de tout l’armement soviétique était produit en Ukraine[2]. Au moment de sa chute, le pays se retrouve donc avec des arsenaux considérables. L’Ukraine possédait ainsi le 3e stock mondial, derrière la Chine et la Russie. Selon un rapport de la Rada (le Parlement ukrainien), entre 1992 et 1996, les chefs, dirigeants politiques, militaires et oligarques, vont en vendre une bonne partie, environ 30 %, tant armes lourdes qu’ALPC (armes légères et de petit calibre), pour leur propre compte et empocher 32 milliards d’USD. C’est absolument colossal. Après cela, entre 2013 et 2015, selon l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, au moins 300 000 armes ALPC seront pillées ou « perdues ». Comme l’ONG Transparency International l’a montré, la corruption en Ukraine, en particulier celle des armes, est un problème massif, qui touche non seulement l’armée, mais aussi les douanes, la justice, etc. En fait, l’on peut dire que le détournement des armes est l’ADN de ce pays. La plupart des grands trafiquants d’armes internationaux sont des Ukrainiens et, comme le dit l’ONG, « la corruption constitue une menace existentielle pour l’État : elle détruit l’armée de l’intérieur, porte atteinte à ses capacités opérationnelles en détournant ses ressources de la ligne de front et en faisant payer des pots-de-vin aux conscrits pour éviter le service ou obtenir un poste préférentiel ». Et c’est ce pays à qui nous livrons tout ce matériel sans discontinuer. Cette constatation a de nombreuses conséquences.

 

Tout d’abord, elle confirme que le « patriotisme » des combattants est un mythe fabriqué. Mis à part les ukro-nazis, dont on peut penser qu’ils sont au cœur du système de corruption, et les mercenaires, qui sont extrêmement bien payés, pour les autres, les « petits conscrits », on ne peut pas croire qu’ils se battent véritablement pour une cause s’ils savent que leurs chefs sont largement pourris, que leurs collègues ukro-nazis ont tous les droits, et que tous les « tire-au-flanc » ont payé pour garder leur bureau de Kiev. Ils subissent cette guerre, et il n’y a pas d’unité patriotique pour les soutenir.

 

Plus largement, la « coule » est un sport national parmi les soldats. Dans une vidéo[3], un mercenaire anglais raconte drôlement que, suite à son incorporation avec d’autres collègues dans une base près de la frontière polonaise, il traverse l’Ukraine pour rejoindre la ligne de front. Bivouacs et checkpoints se succèdent pendant plusieurs jours jusqu’à ce que, surprise, en arrivant au terme, les camions qui transportaient les armes en accompagnement des troupes ont tout simplement disparu… De même, les exemples abondent de vidéos de soldats se plaignant de se battre sans armes. Lorsque ce sont des ukro-nazis, en général très bien dotés, ceci est un mensonge. En réalité, ils ont vendu leurs propres armes pour arrondir leur paye. En « bas de la pyramide », tout autant qu’en haut, la vénalité est généralisée[4].

 

L’autre conséquence, c’est l’omniprésence des mafias ukrainiennes. Elles étaient déjà très importantes, parmi les plus puissantes au monde, avec des ramifications à l’étranger, aux USA et en Israël en particulier. Avec l’afflux des réfugiés et le trafic d’armes actuel, on peut prévoir qu’elles vont considérablement augmenter leur importance en Europe, dans nos pays. Du fait de notre décision d’entrer dans ce conflit et de l’alimenter, ce sont des décennies de déstabilisation sociale, d’appauvrissement et d’insécurité qui nous attendent.

 

De même, il faut s’intéresser aussi à la « clique » des oligarques. Nous consacrerons un paragraphe spécifique à cette engeance, liée à la mafia ukrainienne, sinon son organisatrice, mais il est clair que, après les « grandes opérations fondatrices » des années 1992-1996 dont nous avons parlé, le trafic d’armes actuel, ainsi que le détournement des aides américaines et européennes, dont les montants sont, nous l’avons vu, colossaux, va encore très largement enrichir leurs portefeuilles et augmenter leur pouvoir. Il est certain que, pour eux (et Zelensky fait partie de ce groupe), plus la guerre dure, plus les affaires sont bonnes, et ce d’autant plus que, pendant ce type de période, tout est permis ou presque : police et justice totalement arbitraires, qui permettent de laisser tous les crimes et les vols impunis (ceux commis par les « gros » uniquement…), concessions « privées » dans les ports, monopole des produits de première nécessité et des médicaments, qui seront revendus à 1 000 fois leur coût, contrôle des juteux « checkpoints », vers les frontières en particulier[5], racket des familles riches et moyennes, « protection » tarifée des populations grâce à leurs milices, accès privilégié aux appels d’offres étatiques et aux devises pour l’importation, etc. Pour des oligarques, la guerre, c’est le paradis ![6].

 

Qu’a fait le pays, tout au long de ces années, pour lutter contre ce phénomène ? Avant la guerre, lorsque le « pari » politique des autorités pouvait être, en partie du moins, le développement du pays, et que les exigences occidentales étaient fortes, dans l’esprit d’une lutte contre le danger de prolifération des armes[7] et dans la perspective d’un futur rapprochement avec l’Ouest, les autorités de Kiev avaient tenté d’exercer un contrôle. Mais ces bonnes intentions n’avaient pas résisté au changement de régime, en 2014, après la sécession du Donbass et le déversement de la « manne » américaine. Et l’on ne peut pas penser que Porochenko[8], le premier président en exercice après le Maïdan, l’un des oligarques importants, dont la fortune (officielle…), selon le magazine Forbes, était estimée, en 2014, à près de 1,3 milliard d’USD, ait pu acquérir une telle richesse uniquement en vendant du chocolat aux Russes pendant les périodes de pénurie…

 

De même, Teresita Dussart explique que, sous la pression internationale, en 2020, l’Ukraine s’était dotée de trois corps anticorruption : le NABU (Bureau national de la lutte contre la corruption), le SAPO (Procureur spécial contre la corruption) et la HACC (Haute Cour spéciale contre la corruption). Ces trois entités, dit-elle, « s’étaient de façon surprenante mises à travailler jusqu’à ce que les membres du Parlement ukrainien, la Rada, dans laquelle siège la majorité présidentielle de Zelensky, bloquent en décembre 2021 la nomination du procureur SAP, dont le président est présent ce jour (le 5 juillet 2022, NDA) à Lugano pour demander davantage d’argent public pour son pays ». Tous les verrous sautent à point nommé, lorsque le « Niagara » des aides, avec la guerre militaire, va être déclenché. On se demande si Zelensly, à l’époque, n’avait pas une idée de ce qui se passerait pour son pays deux mois plus tard…

 

[1]. Voir : https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/ukraine-a-qui-profitent-les-armes.

[2]. Selon une étude de l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’École militaire), le pays comptait encore, avant le conflit, 6,2 millions d’armes légères et de petit calibre (ALPC), généralement détenues de façon illégale.

[3]. Voir :https://www.youtube.com/watch?v=TCbD4WBqPg4.

[4]. On estime ainsi que, globalement, 50 % des armes occidentales offertes sont volées.

[5]. D’après Antoine Colonna, le franchissement de l’un d’entre eux, en juin 2022, près de la frontière polonaise, lorsque la situation n’était pas encore critique, coûtait près de 10 000 USD par personne.

[6]. L’auteur a eu l’occasion d’observer le phénomène de très près en Angola, pendant la guerre civile, et peut attester de ces pratiques. La guerre « libère » les plus riches, véritablement, de tous leurs complexes…

[7]. On en est bien loin !

[8]. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Petro_Porochenko.

 

Épilogue

Au moment de terminer cette étude, que retenir d’important ? Plusieurs remarques sont à faire, qui contribuent à dessiner, à terme, les contours d’un monde très différent de celui d’aujourd’hui.

 

Cette guerre n’est pas un film de Walt Disney

S’il n’y avait qu’une chose, une seule, à retenir de toute l’affaire, c’est qu’il faut proscrire absolument tous les discours qui font commencer la guerre le 24 février 2022, avec des phrases du type « Ce sont bien les Russes qui ont envahi l’Ukraine, non ? » Cette façon de présenter les choses est empreinte d’une grande légèreté, qui provient soit de la méconnaissance des faits, soit de la mauvaise foi, et souvent d’un peu des deux… Elle cache en effet tout le passé, que ce soit le passé lointain (avec la responsabilité écrasante des États-Unis et leurs stratégies de séparation de l’Europe en deux), ou même le passé proche (avec l’affreuse guerre civile contre le Donbass, huit ans de martyre de ce peuple et 20 000 morts dont personne n’a envie de parler). Nous ne sommes pas chez Walt Disney, avec les bons Ukrainiens d’un côté et les méchants Russes de l’autre. Dès que l’on entend cela (et on l’entend bien trop souvent), on sait que l’on versera dans le conte pour enfants, et dans le « verbatim » américain, rabâché pendant des mois et si facile à avaler. Il faut immédiatement briser cette présentation simpliste, faute de quoi il est impossible d’accéder à quoi que ce soit de vrai. On ne peut commenter la pièce de théâtre en supprimant tout bonnement l’acte I, celui des huit ans de guerre civile, qui expliquent le reste. La vérité, c’est qu’il y a une seule guerre en deux parties : d’abord une guerre civile, de 2014 à 2022, puis une intervention de la Russie, en réponse à cette dernière, à partir de 2022. On ne peut sortir de là.

 

Une guerre à la fois rustique et technique

C’est l’une des caractéristiques importantes de cette guerre, un mariage difficile que les Russes semblent avoir très bien réussi. En effet, si dans ce contexte du Donbass, l’emploi de l’artillerie, des chars et des hommes, répond aux traditions les plus anciennes, remontant à la Deuxième Guerre mondiale et même parfois, avec les tranchées, à la première, tout le reste (satellites, repérage, défense antiaérienne et antimissile, armes hypervéloces, drones, coordonnées de tirs, brouillages, et surtout interconnexion entre tous ces éléments) est extrêmement moderne. L’expérience de cette guerre montre que, si tout le combat est conduit « à l’ancienne », cela ne marche pas, mais que si, inversement, tout est moderne, cela ne marche pas non plus. C’est l’une des raisons de la défaite en cours du camp de l’Ouest, qui ne peut fournir assez rapidement (parce que ses produits sont trop chers, trop sophistiqués, trop lents à fabriquer et en trop petites quantités), la masse d’armes et de munitions nécessaires à son allié ukrainien. Face aux Russes, qui ont imposé un « timing » à la fois très destructif et très long, nous ne tenons pas la distance. Pour tout le camp occidental, qui s’était habitué aux guerres contre des États faibles, ou contre des insurgés de pays pauvres, le constat est très rude : il n’est pas capable, aujourd’hui, de gagner une « vraie » guerre longue. Quelle leçon sera-t-elle tirée ? Il est trop tôt pour le dire, mais tout le « système » défensif et offensif de l’Occident va devoir changer.

 

Une guerre locale, mais aussi multiforme et planétaire, mal préparée par l’Occident

C’est ce qui lui donne son aspect très particulier[1]. En effet, si les deux belligérants, USA et Russie, tous deux des puissances nucléaires, se contraignent d’un commun accord pour rester, militairement, dans le champ clos ukrainien, tout le reste en déborde. Aucun aspect, diplomatique, médiatique, économique, financier, culturel, n’est à négliger. Une faiblesse grave dans l’un quelconque de ces domaines impacte tout l’ensemble. Et sur ce plan, il faut reconnaître que le camp de l’Ouest, malgré sa « grosse voix » médiatique, qui lui a semblé si forte et si prépondérante, a été largement dépassé. La Russie a obtenu sans difficulté les résultats les plus vitaux dont elle avait besoin : dans le domaine économique, la sortie du piège de l’interdiction du Swift et des sanctions, qui s’est retournée contre nous. Sur le plan diplomatique, l’approbation, implicite ou explicite, de 80 % des pays de la planète. Visiblement, nous n’avions pas « préparé le terrain », alors que les Russes l’avaient largement fait[2]. Sur le plan médiatique enfin, le regroupement en bloc de sa population autour de Poutine, ce qui lui a permis de transformer une timide « opération spéciale » en une véritable guerre. Un résultat désastreux pour nous, que nous lui avons offert « sur un plateau », par une médiatisation « diabolisante », absolument contre-productrice. Dans toute cette affaire est ressortie l’impression très curieuse que, sur le plan pratique, l’opération, à l’Ouest, n’avait pas vraiment été préparée, alors même que, sur le plan géopolitique, elle était la suite de trente ans de « conquêtes » programmées. En face, les Russes savaient parfaitement, à chaque moment, quelle pièce du jeu ils devaient jouer. Orgueil et fatuité de notre part, sans aucun doute. Nous ne devions faire qu’une bouchée de ce pays « pas plus riche que l’Espagne ». Le réveil est assez brutal…

 

Remarquons aussi que si toutes les guerres utilisent le mensonge et la désinformation, celle-ci, selon les spécialistes, semble avoir atteint des sommets inégalés, dans le camp occidental en tout cas. Nous venons de voir que cela ne nous a pas profité, sauf à interdire, entre nous, le débat. La France, dans ce domaine, a particulièrement brillé par son « hémiplégie » informationnelle, alors que l’on a peut-être eu, dans les pays anglo-saxons, un peu plus de diversité d’opinions.

 

Une catastrophe humanitaire absolue

C’est l’un des non-dits principaux de cette guerre. Du fait de la conception très médiatique de celle-ci du côté américano-ukrainien, il a fallu, depuis son début, montrer surtout des victoires, pour alimenter la « pompe à subventions ». En face, les Russes sont très économes des vies de leurs soldats[3], et ils se servent surtout de l’artillerie. Du coup, les pertes ukrainiennes sont incommensurables. Des morts (les meilleurs experts parlent de 200 000) et des blessés innombrables (on cite le chiffre de 500 000), des souffrances indicibles, un drame et, pire encore, un non-dit. Car la presse ne « doit » pas en parler, pour ne pas « affaiblir le moral des Ukrainiens »… et des donateurs. Pas de reportages dans les hôpitaux, pas de négociations, visiblement, ou pas assez, pour des couloirs humanitaires. Une population entière disparaît sous nos yeux[4], un véritable génocide, organisé par notre propre surenchère, et sur lequel nous maintenons l’omerta. Cette situation est dramatique.

 

Le grand mouvement vers la multipolarisation du monde est lancé

 

Ce mouvement était en réalité déjà lancé, comme le prouvent les statistiques précédemment évoquées[5], mais il restait un projet virtuel, et non une réalité. L’accélération provoquée par la guerre lui donne un coup d’accélérateur définitif : fin du blocage de la Banque centrale russe, « rapprochement » entre l’Inde et la Chine, abandon par le Saoudien Bin Salmane (et avec quelle autorité !) du tutélaire « Pacte du Quincy », détournement des régimes africains de la « protection » américaine, tout indique que la « mécanique » visant à créer des concurrents à l’USD et à Bretton Woods va maintenant se mettre en place, et ça ira vite ! La fracture, en réalité, entre d’une part nos économies occidentales financiarisées et peu productives, basées sur l’USD, une fausse monnaie de réserve, et d’autre part les « vraies » économies productives, solides et basées sur l’or, des pays du « Sud » va se faire de plus en plus béante[6]. La première victime en sera l’Euro, dont plus personne n’aura besoin.

 

Une fantastique opportunité pour les Américains

 

C’est ce qui ressort, en fin de compte, de l’analyse, et même si l’on se projette à long terme. En effet, nous savons qu’à court terme, les USA n’ont aucun intérêt à négocier avec les Russes autre chose qu’un accord de non-belligérance, un cessez-le-feu, avec un armistice et une ligne de démarcation, à la coréenne. Ainsi, ils interdisent aux Européens, et en particulier aux Allemands, de rouvrir leurs lignes d’approvisionnement à l’Est. L’Europe dans son ensemble est piégée, et en particulier l’Allemagne, dont le dirigeant, en faisant la folie d’accepter d’entrer dans le processus de guerre, s’est fait hara-kiri. Du coup, les Américains vont être en position de force pour piller l’Europe. Mais, pour ce faire, il leur suffit de piller l’industrie allemande, qui est le cœur économique de l’Europe. Sans Allemagne, pas d’Europe. Et qui tient l’Allemagne tient l’Europe.

 

Angela Merkel avait monté un système extraordinaire en trois axes : la politique avec les Américains, le commerce avec les Chinois et les approvisionnements avec les Russes. Il n’y a donc pas une seule « caverne d’Ali Baba », la Russie, mais deux, l’autre étant l’Allemagne. Aujourd’hui, l’arrêt du gaz russe met ce pays par terre. Demain, toute son industrie sera à vendre à vil prix. Les choses ont déjà commencé. Les Américains feront main basse sur elle. Ils seront pour cela en concurrence avec la Chine, et peut-être les pays du Golfe, mais ils feront en sorte qu’ils ne puissent pas entrer. Lorsqu’ils auront ainsi privatisé la « caverne d’Ali Baba » allemande, ils tiendront toute l’Europe. Puis, lorsqu’ils seront prêts, dans quelques années, ils iront bien sûr négocier avec les Russes un véritable accord de paix, durable celui-là, contre une réouverture des robinets gaziers, dont ils seront alors les seuls bénéficiaires.. Ce sera l’une des plus belles opérations de leur Histoire, et un nouveau rebond vers l’avenir, qui freinera la déchéance de leur dollar. L’Allemagne n’existera plus, elle aura tout perdu sur une seule décision. Et les autres européens aussi.

[1]. La courte conférence du général Jean-Bernard Pinatel en donne un excellent résumé. Voir : https://vimeo.com/775246155.

[2]. Les Russes étaient parfaitement prêts. Voir : https://youtu.be/lpzXt0y8zvs.

[3]. Parce que, depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’opinion russe est restée traumatisée par les pertes gigantesques imposées par ses chefs militaires de l’époque. Malgré le soutien global à Poutine, cette méfiance est restée. Et donc, les chefs d’aujourd’hui y font très attention.

[4]En 2014, la population ukrainienne comptait encore 51 millions d’habitants. En 2022, juste avant la guerre, elle n’en avait plus que 40, une perte colossale de plus de 10 Millions d’habitants, résultat de l’appauvrissement causé par la prédation systématique des oligarques, appuyés par les américains. Avec la guerre, entre 3 et 4 millions de personnes supplémentaires ont fui à l’étranger, tant du côté occidental que du côté russe (n’oublions pas que les civils du Donbass sont toujours bombardés). Que restera-t-il de ce pays ?

[5]En 1970, l’occident représentait 25% de la population mondiale et 70% des richesses. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 12% de la population mondiale, avec 40% de la richesse.

[6]Cf les travaux récents d’Emmanuel Todd.

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Broché, EPUB